Quel est le salaire d'un maire ?

Les maires en France ne perçoivent pas un salaire à proprement parler, mais une indemnité de fonction brute mensuelle. Cette nuance est importante : contrairement à un salarié, le maire exerce un mandat électif et reçoit une compensation financière pour le temps consacré à ses fonctions municipales. Le montant de cette indemnité est fixé par la loi selon un barème national qui dépend exclusivement de la population de la commune. Ce système garantit une certaine équité entre les territoires, même si les réalités du terrain varient énormément entre un maire d'un village de 200 habitants et celui d'une métropole de plusieurs centaines de milliers d'habitants. En 2025, ces indemnités vont de 1 048 euros brut pour les plus petites communes à plus de 5 960 euros brut pour les grandes villes, avec des possibilités de majoration.

Le calcul de cette indemnité repose sur l'indice brut 1027 de la fonction publique, dont la valeur en 2025 est de 4 110,52 euros. Chaque strate de population correspond à un pourcentage de cet indice de référence, ce qui détermine le montant final. Mais attention, ce montant brut n'est pas celui que le maire reçoit réellement sur son compte : des charges sociales d'environ 15 à 20% sont prélevées, et l'indemnité est soumise à l'impôt sur le revenu. Pour les maires qui conservent leur activité professionnelle parallèlement à leur mandat (cas fréquent dans les petites communes), cette indemnité représente un complément, tandis que dans les grandes villes, elle constitue souvent leur unique source de revenus, le mandat étant alors exercé à temps plein.

Découvrons précisément combien gagne un maire selon la taille de sa commune :

Population de la communeIndemnité brute mensuelleIndemnité nette estimée
Moins de 500 habitants1 048 €840 - 890 €
500 à 999 habitants1 657 €1 325 - 1 410 €
1 000 à 3 499 habitants2 121 €1 700 - 1 800 €
3 500 à 9 999 habitants2 261 € à 2 672 €1 810 - 2 270 €
10 000 à 19 999 habitants3 421 €2 740 - 2 900 €
20 000 à 49 999 habitants4 182 €3 350 - 3 550 €
50 000 à 99 999 habitants5 512 €4 410 - 4 680 €
100 000 habitants et plus5 960 € (+ majoration possible jusqu'à 40%)4 770 - 5 050 €

🏛️ À retenir

  • Les maires des communes de moins de 1000 habitants touchent généralement moins de 1 700€ brut, souvent insuffisant pour en vivre
  • Le cumul d'indemnités est plafonné à 8 898€ brut mensuel, même si un maire exerce d'autres mandats (conseiller départemental, régional...)
  • Les charges sociales représentent 15 à 20% de l'indemnité brute, réduisant significativement le montant net perçu
  • Le conseil municipal peut réduire l'indemnité du maire par délibération, mais ne peut pas l'augmenter au-delà du plafond légal
  • Les grandes villes peuvent majorer l'indemnité du maire jusqu'à 40% supplémentaires selon des critères démographiques et économiques

Combien gagne un maire selon la taille de sa commune ?

L'indemnité d'un maire varie considérablement selon la population de sa commune, reflétant la charge de travail et les responsabilités croissantes avec la taille de la ville. Dans les communes de moins de 500 habitants, qui représentent près de la moitié des communes françaises, le maire perçoit 1 048 euros brut par mois, soit environ 840 à 890 euros net après prélèvements sociaux. Cette somme modeste explique pourquoi la quasi-totalité de ces maires exercent une activité professionnelle en parallèle, le mandat étant rarement à temps plein dans ces petites structures.

Pour les communes de 500 à 999 habitants, l'indemnité passe à 1 657 euros brut (environ 1 325-1 410 euros net), tandis que les communes de 1 000 à 3 499 habitants versent 2 121 euros brut (environ 1 700-1 800 euros net). Ces montants restent insuffisants pour constituer un revenu principal dans la plupart des cas. La situation change à partir de 10 000 habitants : l'indemnité atteint 3 421 euros brut (2 740-2 900 euros net), un niveau qui permet d'envisager le mandat à temps plein, bien que cela reste rare.

Dans les grandes villes de plus de 100 000 habitants, l'indemnité de base est de 5 960 euros brut, soit environ 4 770 à 5 050 euros net. Mais ces communes peuvent appliquer une majoration jusqu'à 40% selon des critères démographiques et socio-économiques, ce qui peut porter l'indemnité jusqu'à 8 344 euros brut (environ 6 680-7 090 euros net). À Paris, par exemple, la maire Anne Hidalgo perçoit l'indemnité maximale. Ces montants reflètent la charge de travail considérable et les responsabilités d'un maire gérant parfois plusieurs centaines de milliers d'habitants.

Comment est calculée l'indemnité d'un maire en France ?

Le calcul de l'indemnité des maires repose sur un système de référence nationale basé sur l'indice brut 1027 de la fonction publique. En 2025, cet indice correspond à une valeur de 4 110,52 euros brut mensuel. Chaque strate de population communale se voit attribuer un pourcentage de cet indice de référence, ce qui détermine le montant de l'indemnité du maire. Par exemple, un maire d'une commune de moins de 500 habitants perçoit environ 25,5% de l'indice de référence, tandis qu'un maire d'une grande ville peut atteindre 145% de cet indice.

Ce système garantit une évolution automatique des indemnités : chaque fois que le point d'indice de la fonction publique est revalorisé, les indemnités des maires augmentent proportionnellement. Cette indexation permet de maintenir le pouvoir d'achat des élus locaux face à l'inflation. Le montant ainsi calculé s'applique de plein droit, c'est-à-dire automatiquement, sauf si le conseil municipal vote une délibération pour le réduire. En revanche, il est strictement interdit de dépasser les plafonds légaux, même si la commune dispose des ressources financières pour le faire.

Les charges sociales prélevées sur cette indemnité comprennent la CSG (Contribution Sociale Généralisée), la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) et les cotisations retraite. Au total, ces prélèvements représentent entre 15 et 20% du montant brut. L'indemnité nette est également soumise à l'impôt sur le revenu selon le barème progressif classique. Un maire doit donc bien comprendre que l'indemnité brute affichée dans les grilles légales sera significativement réduite une fois ces prélèvements effectués.

Un maire peut-il cumuler son indemnité avec d'autres revenus ?

Oui, un maire peut tout à fait cumuler son indemnité de fonction avec d'autres revenus, qu'il s'agisse d'un salaire provenant d'une activité professionnelle ou d'indemnités liées à d'autres mandats électifs (conseiller départemental, régional, député...). Dans les petites communes, cette situation est même la norme : plus de 90% des maires de communes de moins de 3 500 habitants conservent leur activité professionnelle, le mandat municipal étant exercé en parallèle, souvent le soir et le week-end.

Concernant le cumul avec d'autres mandats électifs, la loi fixe un plafond de cumul : le total des indemnités perçues au titre de différents mandats ne peut pas dépasser 8 898 euros brut mensuel, soit l'équivalent du traitement d'un conseiller d'État. Si un maire est également conseiller départemental et conseiller régional, et que le cumul de ses trois indemnités dépasse ce plafond, un écrêtement est automatiquement appliqué pour ramener le total à ce montant maximum. Ce mécanisme évite les situations de sur-rémunération liées au cumul de mandats.

Pour les maires qui exercent une activité salariée dans le secteur privé, aucune restriction n'existe : l'indemnité de maire vient simplement s'ajouter au salaire. En revanche, pour les fonctionnaires qui deviennent maires, des règles spécifiques s'appliquent. S'ils sont en disponibilité pour exercer leur mandat à temps plein, ils ne perçoivent que l'indemnité de maire. S'ils restent en activité dans la fonction publique tout en exerçant leur mandat, ils peuvent cumuler leur traitement de fonctionnaire et l'indemnité de maire, mais avec des plafonds spécifiques pour éviter les cumuls excessifs.

Les adjoints au maire et les conseillers municipaux sont-ils rémunérés ?

Les adjoints au maire perçoivent également une indemnité de fonction, mais son montant est inférieur à celle du maire. Le barème légal prévoit que l'indemnité d'un adjoint représente un pourcentage de l'indemnité du maire, variable selon la taille de la commune. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, un adjoint peut percevoir jusqu'à 16,5% de l'indemnité maximale du maire. À partir de 1 000 habitants, ce pourcentage monte à 27,5%, et dans les communes de plus de 100 000 habitants, il peut atteindre 32,5% de l'indemnité du maire.

Concrètement, dans une commune de 500 habitants où le maire touche 1 657 euros brut, un adjoint peut percevoir environ 273 euros brut par mois. Dans une ville de 50 000 habitants où le maire gagne 5 512 euros brut, un adjoint peut toucher jusqu'à 1 792 euros brut. Le nombre d'adjoints indemnisés est également réglementé : il dépend de la taille de la commune et ne peut excéder un pourcentage du nombre total de conseillers municipaux. Le conseil municipal vote une délibération pour fixer précisément le montant des indemnités et leur répartition entre les adjoints.

Les conseillers municipaux simples (sans fonction d'adjoint) ne perçoivent généralement aucune indemnité dans les petites et moyennes communes. Seules les communes de plus de 100 000 habitants peuvent voter des indemnités pour leurs conseillers municipaux, dans la limite d'un plafond fixé à 6% de l'indemnité maximale du maire. Cette possibilité reste peu utilisée, la plupart des communes réservant les indemnités au maire et aux adjoints qui assument des responsabilités exécutives quotidiennes. Les conseillers municipaux bénéficient toutefois d'autres droits comme le remboursement de frais (déplacements, garde d'enfants) et des autorisations d'absence de leur emploi pour participer aux réunions du conseil.

Le conseil municipal peut-il modifier l'indemnité du maire ?

Le conseil municipal dispose d'une marge de manœuvre limitée concernant l'indemnité du maire. Il peut voter une délibération pour réduire le montant de l'indemnité en dessous du plafond légal, mais il ne peut en aucun cas l'augmenter au-delà des barèmes fixés par la loi. Cette possibilité de réduction est parfois utilisée dans les communes confrontées à des difficultés budgétaires, où le maire choisit de diminuer volontairement son indemnité pour montrer l'exemple et préserver les finances municipales.

Dans les communes de moins de 1 000 habitants, l'indemnité du maire s'applique automatiquement de plein droit dès l'élection, sans nécessité de délibération du conseil municipal. Le maire commence à percevoir son indemnité immédiatement après son installation. Pour les communes de plus de 1 000 habitants, le conseil municipal doit obligatoirement voter une délibération fixant le régime indemnitaire du maire et des adjoints dans les trois mois suivant l'élection. Cette délibération détermine les montants précis dans le respect des plafonds légaux.

Si le conseil municipal ne vote aucune délibération, le maire des grandes communes ne percevra aucune indemnité, contrairement aux petites communes où l'indemnité s'applique automatiquement. Une fois votée, la délibération reste valable pour toute la durée du mandat et ne peut être modifiée qu'en cas de circonstances exceptionnelles justifiant une nouvelle délibération. Le préfet contrôle la légalité de ces délibérations : toute indemnité votée au-delà des plafonds légaux serait annulée et pourrait exposer les élus à des sanctions, y compris pénales en cas de détournement de fonds publics.

Les maires paient-ils des impôts et des charges sociales sur leur indemnité ?

Oui, l'indemnité de fonction d'un maire est considérée comme un revenu imposable soumis à l'impôt sur le revenu selon le barème progressif classique. Le maire doit déclarer cette indemnité dans sa déclaration annuelle de revenus, au même titre qu'un salaire. L'indemnité bénéficie toutefois d'un abattement forfaitaire de 10% pour frais professionnels, comme les salaires, ou bien le maire peut opter pour la déduction de ses frais réels s'ils sont supérieurs (déplacements, réceptions, fournitures...). Dans ce cas, il doit conserver tous les justificatifs de ses dépenses liées à l'exercice du mandat.

Les charges sociales prélevées sur l'indemnité comprennent plusieurs contributions. La CSG (Contribution Sociale Généralisée) est prélevée à hauteur de 9,2%, dont une partie est déductible de l'impôt sur le revenu. La CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) représente 0,5% supplémentaire. Les maires cotisent également pour leur retraite via la Caisse Nationale de Retraite des Élus Locaux (CAREL), avec un taux de cotisation qui varie selon le montant de l'indemnité. Au total, les prélèvements sociaux représentent entre 15 et 20% du montant brut.

Ces cotisations retraite permettent aux maires d'acquérir des droits à la retraite proportionnels à leur indemnité et à la durée de leur mandat. Un maire ayant exercé plusieurs mandats successifs peut ainsi constituer un complément de retraite non négligeable, surtout dans les grandes villes où les indemnités sont élevées. Les petits maires, en revanche, acquièrent des droits très modestes. Il est important de noter que contrairement aux salariés, les maires ne bénéficient pas de l'assurance chômage : en cas de défaite électorale, ils ne peuvent prétendre à aucune indemnité de chômage basée sur leur mandat de maire.

Existe-t-il des projets de revalorisation des indemnités des maires ?

La question de la revalorisation des indemnités des maires, particulièrement dans les petites communes, fait régulièrement l'objet de débats politiques. En 2024-2025, plusieurs propositions législatives ont été déposées à l'Assemblée nationale visant spécifiquement à augmenter les indemnités des maires des communes de moins de 3 500 habitants, considérées comme insuffisantes au regard de la charge de travail. Ces propositions reconnaissent que les montants actuels, inchangés depuis plusieurs années malgré l'inflation, ne permettent pas de compenser équitablement le temps consacré au mandat.

L'argument principal des défenseurs de cette revalorisation porte sur la crise des vocations : de nombreuses petites communes peinent à trouver des candidats à la fonction de maire lors des élections municipales. Les indemnités trop faibles, combinées à des responsabilités juridiques et administratives croissantes, découragent les candidats potentiels. Certains maires de petites communes calculent qu'ils consacrent 20 à 30 heures par semaine à leur mandat pour une indemnité de 800 à 1 500 euros net, soit un taux horaire dérisoire qui ne compense même pas leurs frais.

Toutefois, ces projets de revalorisation se heurtent à des contraintes budgétaires : augmenter les indemnités des 35 000 maires français représenterait un coût important pour les finances publiques. Les discussions portent également sur des mesures d'accompagnement comme l'amélioration de la formation des maires, le renforcement de leur protection juridique et la simplification des normes administratives. Certains proposent également de créer un statut de l'élu local qui améliorerait leur couverture sociale et faciliterait la reprise d'activité professionnelle après le mandat. Ces débats restent ouverts en vue des élections municipales de 2026.

Les maires français perçoivent une indemnité de fonction dont le montant varie considérablement selon la population de leur commune, allant de 1 048 euros brut dans les villages de moins de 500 habitants à plus de 5 960 euros brut (voire 8 344 euros avec majoration) dans les grandes villes. Cette indemnité, calculée sur la base de l'indice 1027 de la fonction publique, est soumise aux charges sociales (15-20%) et à l'impôt sur le revenu, réduisant significativement le montant net perçu. Pour la majorité des maires de petites communes, cette indemnité reste insuffisante pour constituer un revenu principal, expliquant le maintien d'une activité professionnelle en parallèle du mandat. Le système prévoit un plafond de cumul de 8 898 euros brut pour éviter les sur-rémunérations liées au cumul de mandats. Face à la crise des vocations et aux responsabilités croissantes, des projets de revalorisation des indemnités, particulièrement pour les petites communes, sont actuellement débattus en vue des prochaines élections municipales.

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